| À côté, en plein coeur |
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À côté, en plein coeur
Je viens de visionner A côté et en ressors complètement bouleversé. Le lien tissé avec le spectateur est exceptionnel. Le temps du film, le rythme de la caméra permettent à chacun d'entrer dans cette salle d'attente, de faire connaissance avec chaque personnage... et les séquences en image fixe, avec beaucoup de pudeur, nous font rentrer dans ce qui est difficilement représentable en documentaire: le manque, l'espoir, le désespoir, l'amour brisé, ou à reconstruire. Bravo aussi pour la musique originale : pour une fois c'est réussi, on est vraiment plongé, grâce à elle, dans cette attente sans fin. De plus, par petites touches discrètes, les propos des familles renvoient au scandale de la condition carcérale actuelle : mouroir, zone de non-droit, foyer de récidive. La beauté, dans ce film, n'oublie pas de se faire militante. A côté, en plein cœur. La mer ouverte à la fin et la certitude en nous que c'est le désert intérieur. Le monde ouvert et le monde fermé. Un envers, un endroit, mais des murs assurément entre les deux. Et si c'est nous qui étions enfermés, bouclés, à l'extérieur, dans la prison de notre haine sociale ? C'est physiquement que l'on ressent l'expérience: quel plus beau compliment faire à un film ? » Laurent Roth cinéaste, critique animateur de Ciné-Citoyen à Paris |
