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Chantal Courtois : « Avant, j'ai eu si souvent envie de crier. Grâce au film, j'ai l'impression de pouvoir le faire, enfin. » : Franck Dubray
Vous avez découvert au cours de l'année l'histoire de ces gens anonymes ou célèbres. Nous vous proposons de les retrouver toute la semaine. Aujourd'hui : Chantal Courtois, l'une des épouses de détenus du film.
Ici même, début octobre, Chantal Courtois nous confiait sa vie morcelée de compagne de prisonnier, ballottée de maisons d'arrêt en centrales, de parloirs en nuits d'hôtel...
Ce visage, celui d'une femme aux prises avec les ratés de l'administration pénitentiaire, est l'un de ceux, intenses, qui habitent À côté, le documentaire de Stéphane Mercurio consacré aux proches de détenus.
Depuis la sortie nationale fin octobre, Chantal Courtois enquille les débats post-projection de ce long-métrage formidablement accueilli par la critique. Inscrit à l'académie des Césars, il sera peut-être nominé. Grand bol d'air pour l'aide soignante à la retraite : «Je porte À côté et À côté me porte», nous écrivait-elle, ces jours-ci, dans un SMS. Jusqu'à cette immersion dans le quotidien de ces familles malmenées, personne n'avait vraiment pris la peine de les écouter. Qui savait ce qu'elles vivaient ? Ces parloirs annulés pour cause de transfert de dernière minute, sans que l'épouse qui vient de se taper 500 km n'en soit avertie. Ces mères folles d'angoisse qui apprennent que leur enfant est aux urgences, sans qu'elles puissent savoir pourquoi...
Depuis deux mois, Chantal Courtois s'est improvisée porte-voix de ses semblables. Avec passion. Et ça lui va bien. Face à des salles de ciné combles, elle plaide, argumente, témoigne. En présence, parfois, de sommités de la pénitentiaire enfin à sa portée. Elle donne des nouvelles, pas fameuses, de ces femmes croisées dans le film. Le public est touché-coulé. Chantal Courtois se prend à espérer.
« Des sénateurs ont vu À côté. Il est diffusé en détention, à l'école des surveillants de prison. Peut-être que des choses vont aller mieux. Peut-être qu'un jour il n'y aura plus de transferts les jours de parloirs... »
Et son mari, toujours incarcéré ? « Il n'a pas vu le film. Mais il dit que ses codétenus en parlent. Qu'ils savent que c'est dur pour nous. Mais ils ne s'imaginaient pas à quel point... Et ils préfèrent ne pas y penser. »
Agnès CLERMONT. |